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LUTAJUCI / Errances balkaniques

Chroniques, sons et images (Croatie, Bosnie, Serbie)

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Skopje: Du joyau brutaliste au Disneyland nationaliste.

Skopje est une ville que je connais peu. Je ne suis pas resté assez longtemps pour en découvrir l’ambiance profonde ou ses habitants. En revanche, j’ai pu apprécier l’architecture, et mon impression est partagée, c’est le moins que l’on puisse dire. Au cours de son histoire récente, la ville va connaître deux transformations très brutales.Lire la suite « Skopje: Du joyau brutaliste au Disneyland nationaliste. »

Staro Sajmište: un camp de concentration oublié à Belgrade.

Faire de l’urbex est une passion qui consiste à visiter des lieux abandonnés. Le plus souvent, il s’agit de vestiges industriels plus ou moins impressionnants, comportant une charge émotionnelle certaine, pour peu que l’on se laisse porter par l’endroit et les fantômes qui l’habitent. D’autres lieux sont parfois chargés d’une histoire et d’une aura terrible,Lire la suite « Staro Sajmište: un camp de concentration oublié à Belgrade. »

« Pravda za Davida », Chronique d’une révolte en Republik Srpska.

Le 5 octobre 2018 se déroulait la plus grande manifestation jamais tenue depuis la guerre en Republik Srpska, à Banja Luka (la capitale de l’entité), sur la place Krajina. De 40 000 à 50 000 personnes y réclamaient alors une seule chose, « Pravda za Davida », c’est-à-dire « La justice pour David ». AlorsLire la suite « « Pravda za Davida », Chronique d’une révolte en Republik Srpska. »

« Juka » le gangster-patriote, défenseur de Sarajevo.

Retour sur une figure controversée et oubliée de la guerre de Bosnie. « Juka », c’est le nom que s’est donné Jusuf Prazina, et qui deviendra célèbre lors du siège de Sarajevo, lorsque lui-même et ses hommes se battaient avec acharnement pour défendre la ville contre les forces serbes. Cet homme était alors au zénithLire la suite « « Juka » le gangster-patriote, défenseur de Sarajevo. »

6 commentaires sur « Accueil »

  1. Ce ne sont pas des commentaires, seulement quelques souvenirs de cette merveilleuse Bosnie mais dans ses années noires (92 -97). Si cela vous intéresse, j’en ai encore quelques-uns, aussi courts.

    1 – Une bonne mine.
    C’était un mauvais jour, de retour de Zavidovići et de Žepče sur la route de Zenica, du côté de Nemila. J’étais seul dans mon gros 4×4, parti tôt le matin, bien travaillé toute la matinée et presque rien mangé à midi : le moral dans les chaussettes comme on dit.
    J’étais avec mes idées noires et seulement préoccupé par l’état de la route, quand tout à coup, stop, un gars sorti comme un polichinelle du bas-côté, se jette littéralement sous mes roues. Il a une kalachnikov sous le bras et en un tour de main il me pousse une mine devant le pneu avant gauche et une autre derrière l’arrière gauche. Pas un mot, quelques gestes mais j’ai tout compris : il faut arrêter le moteur, attendre sans bouger et surtout silence radio. J’ai tout de suite pensé que ce gars avait eu le courage en me voyant passer le matin, de se planquer dans le fossé avec ses engins de mort et d’attendre mon éventuel retour.
    L’endroit est désert, mon bonhomme a disparu sur le bas-côté mais j’ai l’impression qu’ils sont nombreux autour. Et là commence une attente qui m’a paru très longue. En fait, je n’en sais rien : en ces temps un peu perturbé, j’avais décidé que le temps ne m’était pas compté et que donc je n’avais pas besoin de montre !
    En fait j’avais laissé tourner le moteur, mais j’évitais de regarder à droite à gauche car il me semblait que ça faisait trop espion (idiot !). Optimiste je me disais que la seule chose qui pouvait les intéresser, c’était la voiture. En fait je me demandais bien pourquoi ils ne se décidaient pas plus vite.
    Tout à coup, mon bonhomme (le même) se précipite à l’avant, donne un coup de pied dans la mine de devant, et avec un bon coup de poing sur le capot il me hurle dans les oreilles de partir… et c’est maintenant que l’histoire commence vraiment : le 4×4 que j’avais pris ce matin n’était pas mon Toyota habituel, et la grille des vitesses n’était pas la même, au lieu de passer la première, j’avais enclencher la marche arrière ; ça a duré une fraction de secondes, un frémissement dans la carlingue, un hurlement de bête enragé de mon gars, un craquement dans la boite à vitesse et la voiture a bondi en avant comme dans une course du Mans.
    Tout mon dos, des fesses à la nuque, était dur comme de la pierre, et je ne me rappelle pas du reste du retour, j’avais mal au crane. On n’a pas le temps d’avoir peur, on sait seulement qu’on y est passé tout près (tous les deux !). Pourquoi m’ont-ils laissé partir ? Je pense que c’était inespéré mais c’est ça qui m’a perturbé et c’est ce qui a failli nous coûter cher, très cher.

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  2. Non, je n’étais pas journaliste … Voici donc une autre « anecdote ».

    2-Le vol du bourdon.

    Mais qu’est-ce que je pouvais bien faire par une si fraîche matinée sur le terrain de Butmir* ?

    Je ne sais pas, mais ce grand hall me déprimait et j’avais donc décidé d’aller prendre l’air. Il faisait frais et le silence dehors était propice à la rêverie. La guerre n’était pas facile à vivre et j’avais peut-être l’impression ainsi, tout seul, d’être plus tranquille.

    Je ne sais pas ce qui m’a réveillé tout à coup mais c’est vrai que j’avais entendu depuis un moment un insecte ! Un insecte quand sa propre respiration fait un tel nuage de vapeur ! Au troisième bourdonnement : tilt, j’ai compris, mais pas un petit  » eurêka j’ai compris ”, un véritable coup de fouet qui m’a renvoyé haletant et un peu penaud dans le hall de l’aérodrome.

    Alors voilà c’est simple : en zone découverte, sans écho, avec des bruits plus ou moins loin de guerre, quand la température est fraîche et bien il faut se méfier du vol du bourdon. En fait je n’ai jamais entendu un bourdon volé mais j’ai imaginé que c’était comme une abeille en plus fort, un peu comme une balle perdue de salopard de sniper.

    *aérodrome de Sarajevo

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  3. Souvenir, souvenir, encore un petit souvenir :

    Souvenirs – 3 – Un bon café.

    Oui, c’était un bon café. Ce genre d’établissement dont on se passe l’adresse de bouche à oreille : il a du vrai café ! C’était du côté de Kovaći*.

    On est donc monté un soir après la tombée de la nuit. Il y avait déjà plusieurs habitués qui sirotaient leurs cafés. L’ambiance était un peu irréelle, une faible lueur (la lune, peut-être?), tout le monde murmurait comme si chacun avait peur de réveiller on ne sait quel monstre. Le patron semblait heureux de sa soirée et il décide tout à coup d’allumer deux-trois ampoules-12v pour « l’ambiance ». Le pauvre : trois minutes après, une vitre éclate derrière nous et la « pluie » commence. Tout le monde est parti (comme les moineaux de l’arbre), les charognards n’ont touché personne mais je ne suis pas sûr que le patron ait rouvert par la suite.

    *quartier de Sarajevo, au-dessus du vieux centre Baščaršija.

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      1. Si j’étais sûr de ne pas abuser …

        Souvenirs -4- Lukovo Polje.

        C’était un dimanche matin de bonne heure à Lukovo Polje. Lukovo Polje, c’est un quartier excentré de Zenica, un endroit calme, propre, suffisamment loin du centre pour être agréable à vivre même en ces temps de guerre. C’était même de très bonne heure et la journée s’annonçait ensoleillée.
        Journée de repos donc, petit déjeuner de bonne heure, puis flâneries, visite aux voisins, lectures … Tout en rêvant à mon emploi du temps je prenais mon « café » dans la salle du restaurant qui nous abritait (en fait : un jus de chaussette lyophilisé additionné de cet espèce de plâtre qui nous servait de sucre). La salle était profonde et j’entendais derrière moi quelqu’un qui bricolait je ne sais quoi. J’étais donc les deux coudes sur la table, juste en face de la porte d’entrée, le nez dans mon bol…
        La porte s’ouvre doucement et en même temps que je vois son ombre sur la table, j’entends le bonhomme se raclait la gorge. Relevant le nez, la première chose que je vois c’est son pistolet. Il est resté peut-être trois-quatre secondes dans cette position et finalement je crois que lui comme moi, au bout du compte, on a décidé que c’était idiot. Toujours sans rien dire il s’est assis et il a partagé notre petit-déj. Finalement il est reparti avec son pistolet et, si je me souviens bien, des paquets de pâtes et de cigarettes.
        A posteriori, on essaye toujours de retrouver ce que l’on a bien pu penser pendant ces quelques secondes : en fait plein de trucs traversent l’esprit en même temps et dans le désordre – son pistolet ressemblait à un jouet, trop brillant mais je n’y connais rien – il semblait presque me le tendre – surtout ne pas éclater de rire – surtout pas de gestes brusques – il a pas l’air bien solide, il tremble on dirait … En fait au bout de quelques secondes, c’est moi qui ai baissé le nez comme si on se connaissait depuis toujours et qui lui ai demandé de s’asseoir.
        Après qu’il soit parti, mon collègue qui s’était approché entretemps, était persuadé que c’était une connaissance et il regrettait que je n’ai pas acheté ce pistolet qui était une bonne arme et surement pas chère par les temps qui court et … et, après mes explications, on a finalement choisi le parti d’en rire.

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